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Gestion et aspects socio-économiques de la lutte contre les tsé-tsé

Participation

Plusieurs sens sont attachés au terme "participation", dans le cadre de la lutte contre les tsé-tsé comme dans celui du développement en général. Avec risque de confusion il peut être appliqué à deux contributions : apport en espèces, nature ou travail de la part des bénéficiaires ; ou leurs apports dans la prise de décision. Plusieurs auteurs ont représenté les différents modes de participation comme un spectre allant, par exemple, de la simple acceptation de la technologie dans leur territoire à la prise de décisions sur les techniques de lutte, l'application et la coordination de toutes les activités (Barrett and Okali 1998). Il vaut mieux n'envisager que les deux dimension de la participation : la contribution et la prise de décision.

En général, la participation au financement de la lutte contre les tsé-tsé est souhaitable pour les propriétaires d'animaux d'élevage (et dans une moindre mesure pour les autres vivant en zone de tsé-tsé), pour deux raisons :

- Ils bénéficient d'une amélioration du taux de survie et de la productivité du bétail, et globalement d'un environnement libéré des tsé-tsé.

- Leurs contributions peuvent s'avérer nécessaires pour maintenir le financement de la lutte, après la réduction brutale du soutien des gouvernements africains aux opérations vétérinaires.

La participation, dans les prises de décisions, des bénéficiaires du programme de développement, est à la fois intrinsèquement souhaitable et un moyen d'assurer la pérennité des contributions.

Par conséquent, la participation, dans les deux sens du terme, devrait être une préoccupation lors de toute la phase de conception, la réalisation et l'évaluation du projet de lutte, mais il est peu probable qu'elle soit souhaitable ou réalisable pour parvenir à un taux élevé de participation à chaque phase.

Formuler clairement les objectifs de la lutte contre les tsé-tsé est nécessaire pour fixer le niveau adéquat et la nature de la participation. Là où la lutte se fait dans le cadre d'une stratégie d'éradication nationale, ou à grande échelle, les coûts, en périphérie de la zone protégée, excèdent localement les bénéfices. Dans de telles situations il serait déraisonnable d'espérer que les communautés couvrent la totalité des dépenses à moyen terme ; il serait tout aussi déraisonnable de les faire participer à la prise de décision pour structurer le programme dans son ensemble. Un taux élevé de participation communautaire est plus probable dans des zones restreintes où les communautés et les agences extérieures se mettent d'accord sur l'objectif de l'élimination des tsé-tsé.

Même dans ce cas il peut y avoir des limites à la participation. La conception de programmes de lutte demande un minimum d'apports ou des seuils d'apports (par exemple densité des écrans, pourcentage d'animaux à traiter, fréquence des applications). Si ces apports sont en dessous de ces seuils, la lutte sera probablement inefficace, ou bien trop peu efficace par rapport aux apports. Ces niveaux sont objectivement fixés d'après des facteurs comme le comportement des tsé-tsé et la rémanence des appâts ou des insecticides. Si la "participation" est entendue dans le sens de "permettre" aux éleveurs, ou leurs représentants, de discuter du niveau des apports (explicitement, ou implicitement en négligeant d'acheter ou d'utiliser les matériels), alors la lutte sera probablement vouée à l'échec.

Donc, voici ce qu'il faut :

• volonté de faire participer à toute la conception du projet, pour expliquer ces questions aux éleveurs et créer un consensus sur les objectifs,

• ouverture d'esprit sur le problème de la contribution, variable selon la place de la lutte contre les tsé-tsé dans un programme plus vaste, et sur des questions comme celle sur les coûts transitoires,

• volonté de combiner la participation dans la pise de décision et la prise en compte de la non négociabilité de certains paramètres scientifiques.

Plus précisément, Barrett and Okali (1998) ont établi une liste de facteurs qui peuvent augmenter la participation grâce aux institutions communautaires : expérience précédente d'une aide externe, relations actuelles ou attendues avec des agences extérieures, niveau de préparation des agences à replacer la lutte contre les tsé-tsé dans le contexte d'un projet plus vaste de développement, aussi bien que la perception des bénéfices en matière de santé humaine. Parmi les motivations des individus à participer, il y a la perspective d'avoir un bétail plus productif (étroitement liée aux coûts des trypanosomoses), mais aussi la possibilité d'accroître le territoire exploitable, un environnement libre de tsé-tsé et des bénéfices en matière de santé humaine.

La participation peut aussi être encouragée via certaines institutions : institutions traditionnelles villageoises, comités villageois de développement installés à l'initiative du gouvernement ou d'autres projets, ou des comités "tsé-tsé". Toutes peuvent avoir des avantages et des inconvénients selon les situations.

Références

Barrett, K. and Okali, C. (1998). Partnerships for Tsetse Control – Community Participation and Other Options. World Animal Review 90, 39-46.

Brightwell, B., Dransfield, B., Maudlin, I., Stevenson, P., and Shaw, A. (2001). Reality v. Rhetoric – a Survey and Evaluation of Tsetse Control in East Africa. Agriculture and Human Values 18, 219-233.

Kamuanga, M. (2003). Socio-Economic and Cultural Factors in the research and Control of Trypanosomiasis. PAAT Technical and Scientific Series 4, Food and Agriculture Organization of the United Nations, Rome.


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