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Gestion et aspects socio-économiques de la lutte contre les tsé-tsé

Etude d'une action collective

Une représentation précise et utile du potentiel d'une communauté à mener une action collective ne peut être obtenue que par une étude participative minutieuse et bien documentée. Une telle étude doit se baser sur des :

• discussions de groupe ;

• exercices participatifs de représentation graphique ;

• interviews semi structurées d'informateurs clé.

Ces dernières sont importantes car des discussions ouvertes peuvent surtout porter sur les centres d'intérêts majeurs de la communauté et transmettre leur opinion sur ce que devraient être en principe les modes opératoire des institutions, plutôt que leur opinion, moins utile, sur la manière de travailler de ces institutions.

Quelques unes des clés pour ce genre d'études sont :

Homogénéité
L'homogénéité sociale, économique et culturelle a été considérée comme une variable fondamentale pour déterminer le potentiel à mener une action collective (par exemple par Kamuanga 2003). Un classement selon la richesse, ou tout autre procédure semblable, peut permettre de savoir s'il existe des intérêts très divergents sur certains points.

Les différents systèmes d'institutions
Les institutions en place (au sens large du terme, incluant à la fois les organisations et les modes de comportements) peuvent jouer un rôle important sur le potentiel à mener une action collective contre les tsé-tsé. Les plus appropriées sont à la fois les institutions formelles, gouvernementales et traditionnelles, les institutions régissant la communauté, assurant la gestion des ressources naturelles, l'entraide pour le pâturage ou d'autres travaux, toute activité génératrice de revenus ; de même que les organisations pouvant avoir une fonction religieuse, culturelle ou simplement sociale. En général, si on a la preuve qu'une collaboration ou une action collective a eu effectivement lieu dans un autre domaine, on peut être assuré que l'on parviendra à mener une action collective pour la lutte contre les tsé-tsé, même si l'institution impliquée est différente. Différents types de schématisation graphique peuvent être utilisés pour mieux comprendre le rôle des institutions. Des matrices ou des classements montrent la valeur relative et l'ordre de priorité accordés par la population à chaque institution, d'un point de vue général ou pour des besoins particuliers. Des diagrammes de Venn* sont très utiles pour visualiser l'importance relative des institutions et les liens existant entre elles.

La taille de ces institutions est aussi une variable très importante à prendre en compte, certains auteurs (Kamuanga 2003) estiment que la lutte contre les tsé-tsé est mieux organisée par des petits groupes (moins de 20 membres) qui peuvent garantir une action collective efficace. Cependant, si les institutions les plus importantes sont à une échelle supérieure, il sera toujours préférable de passer par leur intermédiaire pour lutter contre les tsé-tsé.

Dimension spatiale
Puisque la lutte contre les tsé-tsé doit couvrir un espace délimité, la dimension spatiale des institutions a une grande importance et doit être analysée par une cartographie participative. A titre d'exemple, en Ethiopie, dans la région de Konso, les hommes d'un village donné peuvent entretenir des "fora" (enclos à bestiaux en zone de basse altitude) dans différentes régions, mais un fora peut compter des hommes issus de différents villages. En outre, alors qu'il y a une zone de pâturage Konso bien délimitée, les habitants du Konso font de plus en plus souvent paître leur bétail dans des secteurs fréquentés par d'autres groupes ethniques, parfois à leur côté, parfois non. Ainsi, le potentiel pour mener une action collective dans la société du Konso (qui est importante) ne sera pas suffisant pour permettre d'en monter une contre les tsé-tsé dans ces régions.

Sanctions
Même si on estime qu'une action collective ne peut pas être stimulée par la menace de sanctions, il est intéressant de chercher à savoir quelles sanctions la population pense qu'elle peut, ou pourrait, prendre à l'encontre de ceux qui ne participeraient pas. Par exemple, dans la région d'Hadeni en Ethiopie, les propriétaires de bétail ont proposé que le gouvernement local prenne des arrêtés pour donner aux comités d'éleveurs le pouvoir d'infliger une amende à ceux qui ne traiteraient pas régulièrement leur bétail (par bain insecticide), mais il n'était pas évident que ce soit légalement ou politiquement faisable. De façon plus convaincante, certains ont suggéré que ceux qui ne traitent pas leur bétail ne soient pas autorisés à pâturer avec les autres membres de la communauté, une saction très forte dans la mesure où elle signifie l'arrêt de toute entraide pour les labours.

Références

DFID (1999) Sustainable Livelihoods Guidance Sheets 4.9 Livelihoods Assets I, 4.10 Livelihoods Assets II and 4.11 Policy, Institutions and Processes. [Disponible en format pdf ici ou rtf ici].

Kamuanga, M (2003) Socio-Economic and Cultural factors in the Research and Control of Trypanosomiasis. PAAT Technical and Scientific Series 4, FAO, Rome.

Pour voir les versions françaises des Notes d'information sur les moyens d'existence durables (DFID, 1999) cliquez ici, et sur les méthodes d'analyses cliquez ici.


* Un diagramme de Venn est une sorte de carte sociale d'une communauté. On peut l'utiliser pour identifier les individus ou les groupes ayant une influence sur les prises de décision, ou pour mettre en évidence les relations entre institutions villageoises et organismes extérieurs, comme le gouvernement ou des agences d'exécution. Il peut se tracer au sol ou sur une grande feuille de papier. Le village est représenté par un grand cercle. Dans du papier de couleur, on découpe différentes formes de différentes tailles pour matérialiser les diverses institutions (par exemple comité des hommes ou associations de femmes) ou les personnes. Plus l'influence est importante, plus la forme sera grande. Ces formes sont placées dans le cercle, séparées ou se chevauchant partiellement pour matérialiser l'interaction entre institutions et/ou individus. Les formes représentant les organismes externes sont placées hors du cercle et reliées par des flèches aux formes à l'intérieur du cercle pour montrer comment elles interagissent avec les institutions villageoises.
Voir à ce propos http://www.fao.org/docrep/T1700E/t1700e07.htm

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